Mon premier, mon dernier

Mon premier, mon dernier 

Quand on a une deuxième chance, il ne faut pas la laisser passer.




Le destin les a séparés pendant vingt ans.

Ils se sont perdus de vue… 

jusqu’au jour où les astres ont décidé de leur sourire à nouveau.

Mûr, expérimenté, avec ses piercings et ses tatouages, un Adrian plus séduisant que jamais refait son entrée dans la vie de Mia pour retrouver son premier amour. 

Dès qu’elle le voit, c’est à peine si elle se souvient de son propre nom. 

Adrien Reed n’a jamais disparu du cœur de Mia. Après tout, c’était son premier petit ami, avec lequel elle a perdu sa virginité… mais tout ça remonte à vingt ans. Quand il reparaît sans prévenir dans un bar, lors d’une soirée entre filles, Mia se comporte comme la gamine de quinze ans qu’elle était lorsqu’ils se sont séparés. Mais la vie n’est plus si simple qu’il y a vingt ans. Avec deux enfants, un ex-mari plein d’espoir et un lot d’insécurités inédites, Mia a bien du mal à s’ouvrir à une nouvelle relation.

Donnera-t-elle une seconde chance à ce premier amour, ou le bannira-t-elle, pour de bon cette fois ?

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Un avant-goût de Mon premier, mon dernier

Chapitre 1:

Ça faisait vingt ans, presque jour pour jour, que je l’avais vu pour la première fois, à l’autre bout du monde. Et ce n’est pas une façon de parler. Il vivait en Europe et moi à Toronto. Imaginez ma surprise quand je me retrouvai dans un bar, pendant ma soirée entre filles, à moins d’un mètre de l’homme avec qui j’avais perdu ma virginité.

Non, mais pincez-moi, je rêve !

Bouche bée, je l’examinai de pied en cap : même sourire en coin, mêmes yeux verts, même parfum velouté de santal, mais son corps avait changé, de toute évidence. Sa silhouette solide comme un roc tendait l’étoffe de sa chemise sur sa peau. Quant au piercing au sourcil… ça aussi c’était nouveau, et carrément canon. Et ce tatouage de ronces que j’apercevais, dépassant de ses manches courtes, attirait mon regard vers son biceps tandis que je m’interrogeais sur ce qu’il pouvait bien cacher d’autre là-dessous. Quelles courbes inédites avait-il développées sous ses vêtements ? La posture de cet homme qui se tenait devant moi était celle d’un homme mûr, musclé et assuré ; rien à voir avec l’Adrian Reed dont je me souvenais du temps où nous sortions ensemble. Ça faisait vraiment si longtemps ? Et pourquoi mon cœur se mettait-il à battre la chamade, comme s’il cherchait à s’échapper de ma poitrine ? Les bouffées de chaleur et de froid qui m’envahissaient – et la sueur qui dégoulinait dans mon dos – m’interloquèrent : la ménopause, déjà ? Non, j’étais bien trop jeune pour ça.

Peut-être qu’il ne s’agissait pas de lui ? Non, c’était impossible. Je n’étais pas vraiment une grande buveuse, mais peut-être que les deux verres de la soirée m’étaient montés à la tête... Je voulais tendre la main pour le toucher, mais si ce que je voyais était bien vrai, si c’était Adrian, il suffirait qu’il m’effleure du bout des doigts pour que je tombe en morceaux.

— Salut, Poucelina.

Ouaip, c’était bien lui. Personne d’autre ne m’avait jamais donné ce surnom. Lorsque j’entendis ces deux mots, tout mon univers s’écroula et se rebâtit en un instant.

Et non, je ne m’appelle pas Poucelina. Ma mère était un peu fofolle à l’occasion, mais quand même pas à ce point. Mais bon sang, pourquoi n’arrivais-je pas à me rappeler mon nom, au fait ?

Allez, parle ! ordonna mon cerveau, mais ma bouche n’écoutait pas. J’aurais dû me fier à mon instinct : même au bout de dix verres, je l’aurais reconnu quand même. Après tout, suite à notre séparation, je n’étais plus sortie qu’avec des types qui sentaient comme lui, qui lui ressemblaient ou qui avaient la même démarche. Oui, je parle bien de séparation, pas de rupture, parce que nous ne souhaitions rompre ni l’un ni l’autre : nous n’avions pas eu le choix. Nous vivions sur deux continents différents. Nous n’avions jamais pu triompher de l’ennemi qu’était la distance… jusqu’à ce jour.

Et voilà que mon premier petit copain, amant et meilleur ami se retrouvait assis devant moi, encore plus splendide que dans mon souvenir. La chaleur se répandit dans tout mon corps. Sa mâchoire carrée paraissait encore plus volontaire. Il portait les cheveux un peu plus courts, mais suffisamment longs pour retomber légèrement du côté gauche. Les mèches ébouriffées formaient de profonds sillons, comme s’il venait juste d’y passer les doigts. Cette coiffure lui allait bien mieux que cet hybride de coupe punk et de nuque longue qu’il arborait quand je l’avais rencontré. Adrian avait désormais un look mûr, mais il avait conservé une sorte d’étincelle juvénile. Ses yeux verts, plus sombres que des émeraudes, invitaient à l’audace et à l’aventure. Sa posture déterminée laissait entendre qu’il savait exactement quel effet allait me faire sa visite inattendue… et Dieu sait qu’elle me faisait de l’effet, un peu partout dans le corps.

Mon Dieu ! Qu’est-ce qu’il est en train de penser ? Ça va, mes cheveux ? Mon maquillage ? Et cet air ahuri que je dois avoir en ce moment !

— Bois un peu d’eau, je te prie, dit-il en poussant un verre dans ma direction.

Sa voix plus grave, redoutable, fit frémir tous les nerfs qui venaient de se réveiller en moi à l’idée qu’un mec canon ait pu me repérer. Des vagues électriques me titillaient. Je n’avais pas ressenti ça depuis des années.

Des gouttes de condensation coulaient sur le verre, mais j’étais paralysée. Nous restâmes face à face, figés, dans l’alcôve du bar. Je ne me rappelais pas comment nous étions arrivés là. Au milieu du vacarme, j’expliquai vaguement qui il était à mes amies abasourdies, qui ne manqueraient pas d’exiger tous les détails de notre conversation par la suite. Ma meilleure amie, Isabelle, m’avait prise par le coude pour m’attirer jusqu’à cette place… Enfin… J’imagine que c’est comme ça que je m’étais retrouvée assise. Elle m’accompagnait ce soir pour rendre visite à de vieilles amies qui étaient assises au box voisin, derrière moi, et probablement occupées à dresser l’oreille. 

Mon sang déferlait dans mes veines comme un tsunami. Des sentiments enfouis, si anciens, pouvaient-ils vraiment renaître en quelques secondes ? Les réactions de mon corps me rappelaient ce que j’avais éprouvé vingt ans auparavant : ce trouble lancinant qui m’émoustillait, me faisait me languir de la moindre caresse… et tout mon sang qui se mettait à palpiter comme si on m’avait fixé une pompe accélératrice dans une artère. Ce recoin de mon cœur où j’avais remisé son souvenir s’était ouvert au moment même où je l’avais aperçu, pour s’abandonner à lui sans retenue, une fois encore.

Je recouvrai petit à petit la capacité d’entendre ce qui se passait autour de moi. Le bavardage des clients, les verres qui tintaient et sa respiration profonde. Le mouvement de sa vaste poitrine, de l’autre côté de la table, me rappelait simplement toutes les fois où j’y avais posé la tête, au milieu d’un champ de coquelicots en fleur. Tandis que mon esprit vagabondait, je ne pus m’empêcher de le fixer, les yeux ronds, et je me décidai enfin à boire une gorgée d’eau. Après avoir reposé le verre d’une main qui tremblait visiblement, j’essayai désespérément de me remplir les poumons. Mais respirer son odeur était une grossière erreur. Sous l’effet du parfum enivrant et d’un afflux d’air trop soudain, la pièce se mit de nouveau à tourner.

— Salut, lâchai-je enfin. 

Un sourire se dessina sur ses lèvres, comme si je venais de dire la plus merveilleuse chose au monde.

— Ça va, P. ?

Il se pencha en tendant le bras pour me prendre la main, mais hésita. Je lui en fus reconnaissante, parce que j’ignorais comment je réagirais s’il me touchait. En fait, je serais sans doute tombée dans les pommes. C’était à la fois trop et trop peu. Ce qu’il me fallait à présent, c’était ses bras forts pour me serrer contre lui. J’avais besoin d’oublier tout le temps qui s’était écoulé. J’avais besoin de mon ami d’autrefois, à qui j’avais ouvert mon âme. Et au lieu de ça, je me retrouvais à baver face à ce type dangereusement sexy, comme devant un amuse-gueule. 

Était-ce ainsi que je l’avais considéré, à l’époque ? Certainement pas. Il avait été mien et j’avais été sienne : deux gamins idiots et amoureux, qui respiraient les mêmes odeurs, qui échangeaient leur nourriture et qui se tripotaient pour découvrir les premiers émois de la chair. Mais vingt ans avaient beau s’être écoulés, j’avais toujours au creux de l’estomac le même nœud que si tout ça s’était passé la veille.

J’entendis derrière moi les gloussements de ces femmes que je regrettais, sur le moment, de considérer comme des amies. Elles se conduisaient comme des fouines qui se mêlaient de ce qui ne les regardait pas, mais comment leur en vouloir ? Maintenant que j’avais repris mes esprits, je saisissais mieux leurs gestes puérils et leurs petits bruits de bouche. Est-ce qu’elles avaient fait ça depuis le début ? Impossible de tenir une vraie conversation avec Adrian dans cet endroit, je le savais. Il y avait bien trop à dire, et je ne savais pas par où commencer.

— Allons faire un tour, murmurai-je en me levant.

— D’accord, P.

Lorsqu’il se redressa, je me rappelai soudain l’origine de ce surnom idiot. À côté de moi, il paraissait géant. Mon menton culminait à hauteur de sa poitrine, comme vingt ans auparavant, à l’époque où je devais lever la tête pour le regarder en face et me dresser sur la pointe des pieds pour que nos lèvres se touchent. Même à présent, après avoir été prof de Pilates, mon corps paraissait menu par rapport à sa silhouette robuste. Je m’étais déjà imaginé sa musculature compacte ondulant sous son tee-shirt léger, mais l’étoffe serrée soulignait encore plus ces muscles tendus que j’avais envie de toucher.

Je ne pouvais pas me permettre de penser à son corps désormais, pas de cette façon. 

— Ça va aller ? demanda Isabelle. Tu le connais vraiment ?

L’inquiétude sincère de mon amie me fit sourire, mais s’il y avait bien quelqu’un auprès de qui je me sentais en sécurité, c’était Adrian.

— Oui, je te rappelle demain.

— Mia, tu es à plus de cent kilomètres de chez toi et à mon avis, tu devrais éviter de prendre le volant. 

— Je la reconduirai chez elle, déclara Adrian.

Je me doutais qu’il allait dire ça.

— Ne t’inquiète pas, Isabelle.

J’embrassai mon amie et reportai mon attention sur Adrian.

D’une douce pression contre mon dos, il me guida vers la sortie. J’appréciai tellement ce geste que je me demandai comment ce simple contact pouvait me faire autant de bien, me rendre si heureuse. Et cerise sur le gâteau, nous allions enfin avoir une chance de parler en privé et de nous raconter ce qui nous était arrivé pendant ces vingt dernières années.

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Lacey est une auteure de romance érotique et contemporaine avec une touche de suspens. Quand elle ne pense pas à écrire des histoires torrides, ce qui se présente rarement, Lacey aime le camping et skier avec sa famille (pas en même temps bien sûr). C’est une femme mariée, mère de deux enfants, qui se sert de son mari pour mettre à l’épreuve les scènes les plus intimes de ses romans – ce qui ne semble pas le gêner du tout.

Elle aime le rose sur les joues d’une femme, les hommes avec de grands pieds et la lingerie sexy, surtout quand elle est arrachée du corps. Son vêtement préféré est le costume de naissance.