Cicatrices guéries 

Tome 3

Elle a traversé l’enfer et en est revenue.
Il a gardé un secret qui pourrait à nouveau l’y envoyer.
Et ils essaient de trouver leur chemin l’un vers l’autre.

Secourue par l’homme qu’elle aime, Kendra Knight lutte pour se remettre d’une captivité qui a duré un mois. Des souvenirs de son emprisonnement comme esclave sexuelle la hantent alors qu’elle endure un sevrage et se bat pour mettre un passé épouvantable derrière elle. Avec l’aide de ses nouvelles amies, Allie et Laura, Kendra commence à remettre en question qui elle est, et les véritables intentions de Julian Cross pour son avenir.

Julian Cross, propriétaire d’une société d’investigation haut de gamme, a gardé un secret pour la femme qu’il aime depuis le jour où il l’a rencontré. Il l’a regardée grandir, passant d’une adolescente à une femme amoureuse de son frère Tristan, seulement pour être détruite à la fin. Maintenant, il promet de rester près d’elle jusqu’à ce qu’elle soit bien, afin qu’il puisse lui dire la triste vérité sur son passé.

La vérité finira-t-elle par libérer Kendra ou la renverra-t-elle dans la fosse de l’enfer qu’est la drogue ?

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Un avant-goût de Cicatrices guéries

Chapitre 1

La mort était ma seule échappatoire. Je continuerais à rechercher la Grande Faucheuse jusqu’à ce que je puisse goûter la terre dans ma bouche. Je ne voulais pas continuer, et je priais afin que l’obscurité m’emporte. À l’intérieur, j’étais brisée en mille morceaux – chaque once de mon être fracturée comme du verre trempé. Pourtant, j’étais là, vivante, souhaitant que les médecins et tout le monde cessent d’essayer de me recoller, parce que j’étais convaincue que la tâche était impossible. Du moins, pas jusqu’à ce que je me souvienne de tout mon passé. Pas jusqu’à ce que ces questions sans réponse autour de la mort de mes parents ne soient plus un mystère. Cette ombre sur mes souvenirs brumeux avait besoin de soleil. Mais pour l’instant, j’avais choisi de saisir l’occasion d’oublier ma misérable vie de toutes les façons possibles, et la mort était la réponse la plus évidente pour accomplir cela.

Le coin de la chambre avait été ma zone de sécurité ces six derniers jours. Mon dos était collé contre le petit coin où les deux côtés du mur se rejoignaient, mes genoux remontés sur ma poitrine et entourés par mes bras qui les serraient afin de m’assurer que mon corps entier ne quitterait pas le périmètre sécurisé que j’avais imaginé. Du moins, je pensais l’imaginer ; cela ne pouvait pas être réel, n’est-ce pas ? Depuis qu’Allie m’avait trouvée à l’hôtel, la ligne entre la réalité et l’imagination était floue la plupart du temps. Les drogues traversaient toujours mes veines comme un virus, s’agglutinant dans mon cerveau. Ils m’en avaient nourrie comme si c’étaient des bonbons. Mes bras étaient couverts des meurtrissures que les aiguilles avaient laissées. Maintenant, les taches ovales devenaient vertes – ce qui était un peu moins impressionnant que le pourpre.

Parfois, j’étais de retour dans cette pièce sombre où j’avais été retenue prisonnière, écoutant le bruit des chaînes qu’on déverrouillait, des femmes qui hurlaient et des filles qui pleuraient ; leurs cris retentissaient encore dans mes oreilles. Mais une fois que les narcotiques avaient fait leur tour dans chaque cellule, les sanglots irritants s’arrêtaient. Les prisonnières s’évanouissaient ou étaient trop droguées pour savoir comment faire entendre leur voix. Dans ces moments, je restais dans mon coin, silencieuse, feignant de dormir, en priant qu’ils ne m’ouvrent pas la bouche pour me donner la drogue. Ils en glissaient suffisamment dans mon corps avec le peu de nourriture que j’étais obligée de manger.

Lorsque le silence retombait, il ne restait plus que le faible bruit de l’eau qui coulait à l’extérieur. Nous devions être près d’une rivière. Mais je ne savais pas exactement où. Chaque fois qu’ils nous préparaient pour un travail, nos yeux étaient bandés.

Je m’étais battue contre la nécessité de dormir pendant ce mois-là. Sous l’influence de la drogue, j’étais hantée par des cauchemars. Chaque rêve ressemblait à un souvenir oublié de quelqu’un étant abattu, le pistolet serré entre mes mains, le sang coulant de la petite tache dans son dos. Il se retournait pour me regarder droit dans les yeux. Il y avait quelque chose de familier dans ces yeux gris foncé, mais je n’arrivais pas à les identifier.

Dans ma cellule, l’humidité coulait dans les murs de terre. L’espace ressemblait à un donjon médiéval. Parfois, je pensais que j’étais entrée dans une machine à remonter le temps, mais après un moment, j’avais compris que c’était à cause des hallucinogènes qu’on me donnait. Heureusement, j’avais réussi à m’accrocher à un morceau de mon passé pour comprendre que je n’avais pas été une pute toute ma vie. Lorsque j’étais au plus bas, mes souvenirs dérivaient vers un temps plus heureux, plein de rires profonds, d’odeurs fraîches et d’insouciance – mais ces souvenirs-là étaient devenus rares. Je savais qu’il ne me restait que quelques jours, peut-être seulement quelques heures. Et si je n’avais pas été sauvée, je serais morte – une chose à laquelle j’aspirais en ce moment.

Pour l’instant, mon corps tremblait. Les spasmes revenaient lorsque je me souvenais de mon emprisonnement par les barons du commerce du sexe. Des soubresauts de peur et de désespoir m’habitaient. C’était trop. Je ne savais pas si je pouvais continuer. Je ne le voulais pas. Mon corps avait tellement besoin d’un coup de pouce poudreux, quelle qu’il soit, que j’espérais que la douleur du sevrage me tuerait. Même si j’avais des drogues, je ne les prendrais pas. J’avais besoin de la sensation de mes muscles endoloris et de mes os presque cassés. Si je me concentrais sur ma torture maintenant, les horribles souvenirs se terniraient. Chaque minute passée semblait trop longue. Je pouvais revivre ce qui m’était arrivé en moitié moins de temps, et ça faisait trop mal. Mais tout cela était arrivé par ma faute. Dans cette minuscule cellule, encore une fois abandonnée de tous, je me demandais si tout le monde m’avait oubliée. Je ne les blâmerais pas s’ils l’avaient fait. Je le méritais. Après tout, j’avais presque tué l’homme que je pensais aimer et provoqué la mise six pieds sous terre de ma meilleure amie.

Ma mâchoire se contracta alors que la pression dans mes poumons augmentait. Le froid et la peur m’entourèrent une fois encore. Je glissai mes doigts dans mes cheveux emmêlés, tirant dessus aussi fort que je le pouvais. La douleur devrait faire disparaître tout cela. Si je pensais encore aux trente jours volés de ma vie, je m’effondrerais pour ne plus jamais me relever, alors je tirai aussi fort que je le pouvais jusqu’à ce que des touffes châtains restent dans mes mains crispées.

Oui, la palpitation sur mon cuir chevelu m’aida. Qui diable s’inquiéterait de ce à quoi je ressemblerais dans mon cercueil ? Y aurait-il même quelqu’un à mon enterrement ?

Et puis la chaleur de bras forts apaisa tout. Je me rappelai d’une emprise identique une semaine plus tôt, lorsqu’Allie Green avait risqué sa vie pour me sauver et que Julian Cross avait répondu à mon appel et était arrivé en courant dans l’allée. Depuis le moment où il m’avait entouré de ses bras cette nuit-là, la force de Julian ne m’avait jamais vraiment lâchée. Sa prise attentionnée autour de moi apaisa les tremblements. Il frotta sa joue contre la mienne, tenant mes mains remplies de cheveux entre les siennes, pressant ses lèvres chaudes contre ma tempe et mon front, murmurant des mots apaisants dans mon oreille. L’odeur de sa fraîcheur me remplit et je me blottis un peu plus profondément contre lui, me demandant si ce n’était qu’un rêve. Je priai pour que, par miracle, je puisse me complaire dans son réconfort un peu plus longtemps, parce que je ne voulais pas que mes horribles souvenirs se transfèrent au présent. Cela pouvait-il être vrai ? Était-ce vraiment fini ? Et si oui, comment son corps chaleureux pourrait-il être suffisant pour me lier à la vie ?

J’ouvris les yeux… et il était là, me tenant dans la sécurité de mon coin ; sauf que je n’étais pas exactement dans mon coin. Julian était assis derrière moi avec ses jambes et ses bras complètement enroulés autour de mon corps, mon dos contre sa poitrine nue, sa joue appuyant sur la mienne. Il faisait encore nuit dehors. J’avais dû le réveiller.

— Chut, tu es en sécurité, Kendra. Je suis là. Je te tiens.

Il répétait ces mots chaque fois que j’avais une crise. Sa voix et son corps me ramenaient toujours dans la magnifique chambre de sa maison. Julian dormait sur le matelas près de la porte. Il ne voulait pas me laisser toute seule, m’accompagnant à la salle de bain et m’aidant à m’habiller alors que je me contentais de rester là, incapable de bouger. Au lieu de m’abandonner dans une clinique avec des médecins portant des tabliers blancs qui leur descendaient jusqu’aux chevilles, Julian avait insisté pour me ramener chez lui, et il s’occupait de moi depuis.

Je ne méritais pas sa compassion ni le temps qu’il prenait sur son travail. Mais il disait qu’il ne me quitterait plus jamais. Il ne permettrait jamais à un autre homme de me voler à lui. Parfois, je me demandais s’il faisait référence à son frère Tristan ou à Martinez, l’ordure qui m’avait kidnappée et que j’avais tué.

Un regret que j’avais retenu pendant des années planait sur mon cœur. Je voulais dire la vérité à Julian, mais je ne pouvais pas. Pas encore.

L’infirmière avait dit à Julian que je pouvais être suicidaire ; ce que j’étais. Après tout, voudriez-vous vivre si vous aviez été violée par des dizaines d’hommes, frappée au visage si vous étiez trop bruyante, agressée de façons dont personne n’oserait imaginer ? Je ne pensais pas pouvoir continuer. Comment vivre après quelque chose comme ça ? Comment mettre ensemble les morceaux brisés de votre corps et de votre âme lorsque vous ne pouvez même pas distinguer votre véritable passé d’un rêve ?

Mais alors qu’il me tenait là, sur le sol, l’espoir que j’avais une fois perdu grandit. Sa peau chaude réchauffait la mienne de caresses que je n’avais pas imaginé recevoir un jour à nouveau. Les lèvres douces que j’avais voulu sur les miennes depuis des années embrassèrent mon front, mes joues et mes épaules. Le contact doux des grandes paumes de Julian autour de mes mains apaisa les tremblements alors que mon corps s’affaissait complètement contre le sien, le laissant me tenir comme personne ne l’avait jamais fait. Ces interminables secondes suffirent à susciter de nouveaux rêves d’une vie possible. Ils furent suffisants pour me sortir d’une autre rechute.

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